Communiqué de presse
En présentant la candidature de la France pour l’organisation du championnat du Monde de tonte de moutons 2019, devant le Golden Shears World Council, l’Association pour le Mondial de Tonte de Moutons portait les rêves et les espoirs de tout un territoire, mais, aussi, de toute la filière ovine française. Séduits par la qualité du projet, le jury a validé la candidature française à l’unanimité. Après avoir bouclé un budget préliminaire de 50.000 € pour la présentation de la candidature, l’AMTM, depuis ce 8 février 2017 historique, a mobilisé ses partenaires pour le budget de 650.000 € nécessaire au mondial 2019. Jusqu’à cette date, l’AMTM participera à de nombreuses manifestations afin de valoriser cette démarche.

DOSSIER DE PRESSE EN PDF ICI 

Le championnat du monde de tonte de moutons en France pour la première fois
La France n’avait jamais organisé de Mondial ni candidaté à son organisation. Ce n’est plus le cas désormais ! Les tondeurs de moutons ont créé, le 8 décembre 2015, l’Association pour le Mondial de Tonte de Mouton, AMTM, pour porter la candidature de la France devant le Golden Shears World Council, lors des championnats du monde 2017. Près de 150 adhérents, basés dans toute la France, soutenaient d’ores et déjà ce projet. Le Dorat avait peut-être un avantage : la communauté de commune Basse Marche a près de 10 fois plus de moutons au km² que d’habitants, tout comme en Nouvelle-Zélande…!!!

Toute une région mobilisée derrière l’AMTM !
La ville de Le Dorat, les communautés de communes, le département du Limousin, la Région Nouvelle Aquitaine, la France, au travers de son Ministre de l’Agriculture, les partenaires et toute une communauté étaient mobilisés pour soutenir cette candidature derrière l’AMTM et son président, Christophe Riffaud, tondeur professionnel, compétiteur et champion de France. Christophe Riffaud, président de l’AMTM et ses coéquipiers, étaient persuadés de la pertinence de ce projet. C’est une équipe rodée qui s’attaquait à ce challenge car elle avait déjà organisé avec succès le Concours International, au Dorat, en 2013. L’événement avait alors accueilli, sur deux jours, 150 tondeurs, plus de 10.000 visiteurs en provenance de toute l’Europe et impliqué près de 60 partenaires et 140 bénévoles.
Cette candidature était forte du soutien de plusieurs personnalités politiques dont le Ministre de l’Agriculture, le maire de la ville du Dorat, le Président de la Communauté de communes Basse Marche,  Catherine Beaubatie, Députée de Haute-Vienne, Marie-Françoise Perol-Dumont, Sénatrice de Haute-Vienne et Députée honoraire, Jean-Claude Requier, Sénateur du Lot, mais, aussi, de nombreux partenaires privés.
Et c’est cet engouement, cette énergie mobilisatrice qui vont conduire à la qualification de la France, à Invercargill, devant le Council. Du 4 au 7 juillet 2019, les meilleurs tondeurs de chaque nation s’affronteront donc dans 3 catégories : Tonte ciseaux, Tonte machine, Tri et ramassage de laine. Les compétiteurs seront jugés sur leur rapidité mais, aussi, sur la qualité de leur tonte.
Même si l’engouement, en France et en Europe, n’est pas aussi important que dans l’hémisphère Sud, c’est plus de 30.000 visiteurs qui sont attendus. Cet événement, lieu de rencontre entre les professionnels et le grand public, aura forcément un retentissement médiatique national, voire européen, car ce championnat du monde constituera une première !

Le mot du Président
«Après 40 ans d’existence, le championnat du monde de tonte de moutons va, pour la première fois en 2019, se dérouler en France. Suite à plus de deux ans de réflexion pour savoir si nous devions déposer une candidature, l’équipe ayant organisé les championnats de France et le tournoi des 6 nations en 2013 se sentait capable et motivée pour relever le défi. Un collectif composé de membres de l’ATM (Association des Tondeurs de Moutons), mais pas uniquement, va créer, le 8 décembre 2015, l’AMTM, Association pour le Mondial de Tonte de Moutons, dont le siège se situe à Le Dorat. Les envies étaient plurielles : vouloir mettre la France en avant, faire découvrir notre territoire, notre agriculture, notre savoir-faire… à travers un métier, indispensable pour le bien–être animal, et qui est aussi un sport encore peu connu par la population française. L’année 2016 a eu pour objectif de monter un dossier de candidature pour le présenter, sur le même principe que les Jeux Olympiques, devant la commission internationale du World Council réunie le 8 février 2017 lors des Championnats du Monde de Tonte en Nouvelle-Zélande. Fort du travail mené, de l’ensemble des bénévoles impliqués à nos côtés, et de tous les partenaires mobilisés, vous pouvez nous faire confiance, ce que vous allez voir sera vraiment spectaculaire ! Organisé pour la première fois en France, cet événement à couper le souffle restera à jamais gravé dans les mémoires ! Et c’est avec votre soutien, peu importe la manière, que cet événement sera une réussite. Techniquement, avec l’organisation du championnat de France et le Tournoi des 6 Nations de tonte de moutons, nous avons prouvé que nous étions également capables d’organiser un événement de niveau mondial. Les 5.000 moutons nécessaires pour le concours sont présents autour de Le Dorat et auront été sélectionnés pour être homogènes. Les partenaires institutionnels et privés nous soutiennent financièrement et nous permettront de boucler le budget de 650.000 € nécessaire à la bonne organisation du mondial 2019. Les offices de tourisme sont prêts pour la réservation des hébergements en hôtels, chambres d’hôtes, campings, mais, aussi, pour nous accompagner dans la diffusion de l’information. Le championnat du monde de tonte se déroulera dans une enceinte fermée : le stade de Le Dorat. Sur la pelouse du terrain de football seront installés de grands barnums. L’un d’eux abritera la salle de tonte. Les pays de cultures anglo-saxonnes, en venant à Le Dorat, vont pouvoir découvrir les racines d’une culture différente. En proposant Le Dorat, nous voulions faire de ce Mondial un événement unique en France, entièrement consacré au mouton».
Christophe RIFFAUD Président de l’AMTM – Tondeur professionnel et compétiteur

Présentation de l’association
C’est en 2013 que tout a commencé pour la ville du Dorat, Christophe Riffaud et ses acolytes. Ces tondeurs professionnels, éleveurs de moutons, ou juste passionnés de concours de tonte ont souhaité, à l’époque, organiser les Championnats de France de tonte et le tournoi des 6 nations, sur leur territoire, haut lieu de l’élevage ovin en Limousin. En juillet 2013, cet événement incroyable, étalé sur 2 jours, a regroupé 150 tondeurs, 60 partenaires, 1800 brebis, un village sur la filière laine… Cette petite ville de moins de 2000 habitants a donc vécu au son des tondeuses, des encouragements des supporters, de la musique rythmée mais, aussi, au pétillement des bulles dans les verres de bière des 10.000 personnes présentes !  Sur cette réussite -et après 2 ans de réflexion-, Christophe Riffaud, entouré des bénévoles motivés de 2013 et d’autres, séduits par le challenge proposé, a décidé de lancer un pari fou : réaliser les Championnats du Monde de tonte de moutons en 2019, en France, à Le Dorat. L’Association pour le Mondial de Tonte de Moutons est ainsi créée spécifiquement, le 8 décembre 2015. Les membres composant cette association viennent de tous horizons professionnels, de toutes les régions de France, mais ce qui les fédère et les anime est bien la motivation à décrocher la candidature pour organiser ces championnats en 2019. A partir de là, le temps est compté. Il reste un an pour préparer une candidature solide, que ce soit techniquement, financièrement ou logistiquement. Ce Championnat du monde, c’est 5000 animaux à anticiper, 300 tondeurs et accompagnants à loger, 30.000 personnes à accueillir et à restaurer. Dans un pays où la tonte est peu connue, et encore moins reconnue comme un sport, l’équipe de bénévoles a du pain sur la planche. Aussi, toutes les occasions de faire parler de la tonte et du projet ont été saisies. Le Salon International de l’Agriculture à Paris, en février 2016, en a été le début. Se sont enchaînées toutes les grandes manifestations agricoles nationales, mais aussi les plus locales, qu’elles soient d’envergure régionale, départementale ou bien communale. Tous les types de publics avaient besoin d’être sensibilisés sur le sujet, que ce soit pour comprendre ce qu’est la tonte mais, aussi, quels en sont les objectifs. Car voilà l’idée : faire véhiculer l’information par le bouche à oreille, faire parler de l’AMTM par tous les canaux et réseaux possibles. C’est par ce biais que le projet a pu prendre de l’envergure pour attirer les partenaires financiers. C’est là que se trouvait la deuxième grande mission de l’équipe de bénévoles pour cette année 2016 : trouver des fonds privés ou publics. Et c’est grâce à ce travail de fond qu’aujourd’hui la trésorerie de l’association est positive.

Historique des french shears
Traditionnellement –et jusqu’au milieu des années 80-, le championnat de France de tonte de moutons et les formations de tonte étaient organisés par l’ITOVIC (Institut National Ovins Caprins) à l’occasion du Salon international de l’agriculture, à Paris. C’est à cette époque que les tondeurs français ont commencé à se déplacer plus fréquemment dans l’hémisphère Sud pour se perfectionner à la méthode néo-zélandaise. Tout naturellement, ils ont eu envie d’importer en France le principe des concours Néo-Zélandais et Britanniques. En 1984, à Sorèze, dans le Tarn, un premier concours de tonte est organisé par des tondeurs et des éleveurs de la région, selon les principes des concours internationaux. Ce concours a été reconduit, chaque année, jusqu’en 1986, date à laquelle l’ITOVIC a arrêté d’organiser les championnats de France de tonte (ainsi que les formations) par manque de financement. En 1987, les tondeurs Français, qui avaient envie d’innovation, ont répondu favorablement à une demande du SIMOC (Salon International Ovins Caprins à Montmorillon dans la région Limousin) d’organiser les championnats de France.
Jusqu’en 1991, le championnat a lieu tous les deux ans à l’occasion de ce salon. Les autres années, il est organisé dans différentes régions françaises. Lancé sur son élan, ce petit noyau de tondeurs français ressent le besoin de se rassembler au sein d’une association nationale. C’est ainsi qu’est née, en 1988, l’ATM (Association des Tondeurs de Moutons). A partir de cette date, c’est elle qui s’est chargée de l’organisation des championnats de France, des stages de formation de tonte ainsi que de la parution d’un bulletin de liaison professionnel semestriel,  »Déshabillez-moi ».
Les premiers championnats organisés par l’ATM se déroulent sur un podium surélevé avec trois postes de tonte, permettant ainsi à trois compétiteurs de concourir en même temps. En 1990, à Ligné, en Loire Atlantique, un quatrième poste de tonte, adaptable aux gauchers, sera installé dans les concours.  C’est à partir de ce championnat avec une très forte présence de tondeurs néo-zélandais, gallois, suisses, qu’on peut parler de réels championnats internationaux de France… Depuis lors, avec l’arrivée de tondeurs espagnols, autrichiens, italiens, allemands et des représentants des pays anglo-saxons, la réputation à l’étranger des French Shears n’a cessé de grandir. L’informatique apparait, en 1988, pour faciliter le système de notation et le travail du secrétariat. D’une catégorie unique, on passe à deux catégories, en 1989 (Intermédiaire et Seniors), puis à trois à partir de Ligné (Intermédiaire, Sénior, Open). Une quatrième catégorie pour les Juniors fait son apparition, en 2014.  La catégorie Force/Ciseaux fait son entrée dans les concours français en 2003 et la catégorie Filles en 2006. Sous l’impulsion de Rousies françaises, le premier concours de tri de laine, Wool Handling, a eu lieu au championnat de France en 2016 et sera, désormais, une catégorie incontournable au programme des futurs championnats Français.
A partir de 1989, l’ATM décide de participer, comme co-organisatrice, à plusieurs concours chaque année, créant ainsi le Circuit Inter-races qui permet aux tondeurs de concourir pour le titre du  »Tondeur de l’Année ». Ce titre équivaut, avec celui de Champion de France, à la nomination dans l’équipe de France et, donc, à la participation aux divers concours internationaux (Championnats du Monde, Tournois de Six Nations, Test entre pays etc…).
Depuis 2014, ce circuit s’appelle  »Circuit Tondeur de l’Année » et se déroule sur 4 concours annuels. Depuis la création des championnats du monde de tonte, les tondeurs français ont toujours répondu présent. Mais, à partir du championnat en Afrique du Sud en 2000, l’équipe de France a entraîné avec elle de nombreux tondeurs prenant part aux compétitions internationales, ainsi que des supporters.
C’est en 2003, à la suite des championnats du monde en Ecosse, qu’un échange fructueux a eu lieu entre ce pays et la France au niveau des concours et des formations. Ceci aboutit, en 2008, au parrainage de la France par l’Ecosse pour devenir membre du World Council.
En 2005, la BISCA (British Isles Shearing Competitions Association) invite la France à participer au tournoi des 5 nations, lui permettant d’entrer dans ce concours historique qui devient, alors, Tournoi des 6 Nations.
En 2013, c’est à la France que revient d’organiser ce Tournoi des 6 Nations, lors du Championnat de France au Dorat, dans la région Limousin, avec un podium de 6 postes de tonte. Grace au succès que cette manifestation a rencontré et à l’enthousiasme qu’elle a généré, l’AMTM va décider de relever le défi et de présenter la candidature de la France et, donc, du Dorat en Nouvelle-Aquitaine, pour l’organisation des championnats du monde 2019.

Tondeur, un métier physique et technique
Le métier de tondeur professionnel est revendiqué, en France, par environ 200 tondeurs, regroupés au sein de l’Association des Tondeurs de Moutons – ATM – seule structure, totalement indépendante, regroupant les professionnels. Elle a trois principaux secteurs d’activité :

  • La formation des aspirants tondeurs par des tondeurs instructeurs,
  • L’organisation de concours de tonte nationaux et internationaux,
  • La publication d’une revue professionnelle « Déshabillez-moi ».

Le métier de tondeur ne demande pas spécialement une force phénoménale mais, plutôt, une bonne endurance au travail physique, une souplesse du dos et de toutes les articulations et un bon contact social. La technique de tonte la plus utilisée, et préconisée par l’ATM, est la méthode «bowen» dite «méthode néo-zélandaise». L’ATM consacre l’édition d’un petit livret, fourni aux stagiaires lors des stages d’initiation de tonte. Cette méthode allie au mieux l’efficacité du travail sur toutes les races ovines, le respect de l’animal et l’aisance du tondeur (diminution de la fatigue). Elle rend également le tri et le ramassage de la laine particulièrement facile.

Un métier à discipline sportive
En 1958, en Nouvelle-Zélande, un groupe de jeunes éleveurs de moutons a eu l’idée d’organiser un concours de tonte. Les tondeurs de toute l’île au Nuage Blanc sont venus rivaliser de vitesse et d’adresse.
Devant le succès et l’engouement du public, Laurie Keats, Lain Douglas et Graham Buckley organisent, en 1961, le premier Golden Shears, au Memorial Stadium, à Masterton. La foule s’y presse, immense, et les plus grands tondeurs participent à ce concours que retransmet la télévision. Des inter-défis entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie sont organisés. Des sponsors majeurs arrivent, attirés par la médiatisation et, en 1977, c’est le premier championnat du monde.  Le Golden Shears World Council, créé en 1980 par la Nouvelle-Zélande, l’Australie et la Grande Bretagne, en codifie les règles et en assure la maîtrise. Depuis, tous les 2 ans, un Championnat du monde de tonte est organisé. Des tondeurs français, sous la bannière de l’ATM, participent à ces championnats qui sont organisés, pour la plupart, dans l’hémisphère Sud. Pour l’instant, même s’ils en étaient aux portes, aucun français n’a été en finale encore lors de ces championnats du monde. Néanmoins, le niveau français a fortement progressé grâce aux échanges de travail et à la participation à de nombreux concours à l’étranger. En parallèle, l’ATM organise, sur tout le territoire national, des concours de tonte, afin de faire connaitre la discipline et le métier, ainsi que, chaque année, un championnat de France.
La tonte professionnelle relève d’une véritable performance sportive. La préparation physique intègre du foncier avec de la natation, du football et, lors des compétitions, les tondeurs y ajoutent du cardio. Cet entrainement, indispensable pour anticiper au mieux ces compétitions, conduit d’ailleurs à un double objectif. Si la confrontation avec les autres équipes, dont les meilleures mondiales, fait progresser le niveau national français, l’entrainement fait également évoluer le savoir-faire et la capacité de tonte individuelle tout en générant une émulation interne positive.
Malgré l’absence de coaching ou d’entraînement structuré, faute de temps et d’argent, à l’inverse des néo-zélandais qui l’ont inclus dans les études, le système universitaire ou au travers de thèses sur l’entrainement sportif, certains tondeurs français connaissent, par ce biais, une progression remarquable. Sur le plan mental, lors des concours de tonte comme dans tout sport, les compétiteurs vont s’isoler pour mieux se concentrer, en s’adossant à des techniques telles que le yoga ou la méditation. Ce qui a pu conduire, en Nouvelle-Zélande, à des records de 867 brebis tondues, en 9 heures de travail et 12 heures de présence, par des tondeurs qui se focalisent sur ces compétitions ; ce qui n’est pas le cas en France. C’est malgré tout fondamental que les tondeurs français, depuis des années, se soient confrontés à leurs homologues étrangers, apportant ainsi leur pierre à la progression de toute la filière. En faisant évoluer la pratique, ils contribuent à la reconnaissance de la profession et aux évolutions techniques d’un métier particulièrement difficile car savoir tenir la bête, sans la blesser ni la traumatiser, peut être physiquement douloureux pour le tondeur. A l’heure actuelle, les meilleurs tondeurs en France sont dans l’ex-région limousine.

La tonte, une technique séculaire adaptée aux nouvelles technologies
Depuis de nombreuses années, pour répondre aux demandes des professionnels mais, aussi, des particuliers, des stages de tonte ont été mis en place et vont du  stage « initiation et débutant » (3 jours) au stage de perfectionnement (2 à 4 jours). Ils peuvent être complétés par des stages « tri de laine » (une journée intégrée dans les stages de perfectionnement) et « tonte aux ciseaux » (en général 2 jours). Les stages « initiation » se déroulent, en partie, dans des structures d’enseignement national agricole et dans des centres de formation pour adultes. Les stages organisés par l’ATM s’adressent aux élèves motivés pour tondre leurs propres brebis, mais, aussi, pour ceux qui souhaiteraient devenir tondeurs. Ces stages sont une bonne base de formation pour les éleveurs et bergers afin de mieux connaître les outils propres à la tonte, leur manipulation afin d’intervenir sur leur troupeau pour un éventuel écussonnage (lorsque la brebis souffre de diarrhée afin de dégager le derrière de la brebis des laines souillées, terrain favorable pour l’implantation des œufs de la mouche  »myiase ») ou en cas de blessures graves qui demanderaient une suture afin de dégager la laine autour de la plaie. Les stages « débutant » s’adressent à toute personne souhaitant devenir tondeur ou tondeuse. Le but de ce stage est d’apprendre à tondre des brebis selon la méthode  Néo-Zélandaise qui s’est avérée la plus adaptée aux outils utilisés et à la collecte de la laine (pour faire un tri bénéfique en vue de la transformation lainière). Le but de ce stage est de savoir tondre une brebis, en autonomie.  Malgré tout, trois jours de stage ne suffisent pas pour apprendre à tondre… Après le stage débutant, il est conseillé de rejoindre une équipe de tondeurs expérimentés pour être accompagné dans son apprentissage puisque l’exercice du métier, comme c’est souvent le cas, permet d’avancer dans la maitrise de la technique et de la méthode. Les stages de perfectionnement vont, dès lors, permettre de corriger les fautes des débutants avant qu’elles ne deviennent de mauvaises habitudes. Pour les tondeurs confirmés, comme dans tout métier, sont proposés des stages de  »super perfectionnement » où seront surtout étudiés l’aisance et le rythme nécessaire pour gagner en rapidité tout en travaillant proprement, en étant perpétuellement attentif au respect de l’animal et de la laine récoltée. Les stages de « tonte aux ciseaux » sont organisés en direction des tondeurs qui veulent connaître le maniement de l’outil traditionnel.

La tonte, une nécessité pour le bien-être animal
La laine du mouton est une fibre dont la pousse est continue. Une laine non tondue se transforme en cocon de laine feutrée, humide, qui moisit et accueille de nombreux parasites : tiques, larves de mouches… La laine est un excellent isolant. Mais, en épaisseur trop importante, en période estivale, elle peut provoquer un coup de chaleur pour le mouton, en empêchant l’évaporation de la sueur.

Non, le mouton n’a pas mal
La méthode de tonte pratiquée par les professionnels permet à l’animal de se laisser aller et de ne pas trouver d’appuis pour se relever. Le mouton n’est pas entravé. Il est donc libre de ses mouvements. Le tondeur n’utilise pas la force pour contenir l’animal et on constate que le mouton est tranquille. Les moutons doivent être tondus à jeun. Cela évite que la panse ne comprime les poumons et rende la position du mouton inconfortable. Les coupures sont rares et, pour la plupart, superficielles. Elles sont soignées immédiatement. Au-dessus de 10°, un mouton fraîchement tondu et en bonne santé n’a pas froid, à condition qu’il ne soit pas mouillé ou en plein vent. Si la tonte est utile à l’homme, pour collecter une matière première naturelle aux qualités uniques, elle est surtout une condition du bien-être animal, indispensable à sa bonne santé. C’est pour cela que, dans l’apprentissage de la tonte, la contention de la brebis est l’élément majeur à appréhender avant toute chose, dans le respect perpétuel du bien-être animal. On va alors parler du ‘’toucher’’ lors des formations débutants. En effet, lors de la tonte de l’animal, la contrainte de la machine oblige le tondeur à manipuler la brebis dans différentes positions pour faire le tour de la toison. Vu que la main droite est prise par la machine et que la main gauche doit préparer la peau pour le passage de la tondeuse, il ne reste que les genoux et les pieds du tondeur pour tourner la brebis dans les différentes positions. Pour apprendre enchaînement de ces différentes positions, l’instructeur fait longuement s’entrainer les novices avec une brebis entre les jambes avant de leur mettre une tondeuse dans les mains. Ce n’est que bien après qu’il sera expliqué comment fonctionne et comment est constituée une tondeuse.

La laine de la préhistoire à nos jours
Pour se protéger du froid, l’homme de Neandertal ou de Cro-Magnon utilise les peaux d’animaux à poil laineux qu’il coud ensemble. Mais c’est au néolithique -ou nouvel âge de la pierre-, avec la sédentarisation, et l’apparition de la culture et de l’élevage, plus de 5000 ans av J-C., que les animaux sont tondus, et la laine, filée, puis tissée. Les bêtes domestiques procurent la laine qui est filée à la main sur un fuseau avec une fusaïole : disque percé dont le poids assure la rotation régulière du fuseau. Le fil est ensuite tissé sur des métiers dont on a conservé les pesons, petits poids qui permettent d’assurer la tension des fils de laine. La laine peut, ensuite, être teintée grâce à des colorants naturels issus de plantes, graines, fruits, fleurs, racines ou substances animales.

La laine utilisée à la confection de tissus
Au cours du temps, la laine va être utilisée à la confection de tissu pour les vêtements, la tapisserie, les couvertures et dessus-de-lit. Et, en garnissage des matelas et de toute sorte d’objets comme des poupées ou des rembourrages, elle est souvent mélangée avec du crin. La laine est un excellent isolant qui peut être utilisé dans l’isolation des maisons. C’est un produit totalement écologique, renouvelable tant que vivront des moutons. Même les parties de laine crottées peuvent être, pour leur part, utilisées au jardin, à la fois comme protection des cultures contre le gel, contre la pousse de mauvaises herbes ou bien, encore, comme engrais et humidificateur. Le marché de la laine est peu organisé en France. Les filatures préfèrent importer de la laine de Nouvelle-Zélande, ce qui est fort dommageable pour l’équilibre du commerce extérieur français.

La valorisation des laines françaises
La laine de mouton a longtemps été une matière du quotidien grâce à la diversité de ses applications : habillement, matelasserie, literie, décoration dont tapis et moquette, draps, tissus, objets. Elle constituait une source de revenus complémentaires pour les éleveurs. Puis elle a été conquise par l’industrie textile pour être abandonnée, après la seconde guerre mondiale, en raison du développement des fibres synthétiques. Sur le marché français, la laine 100 % française (collectée, lavée et transformée exclusivement en France) est devenue un produit rare. En 2013, plus de 8.000 tonnes parmi les 15.000 tonnes produites étaient exportées dont 5.400 tonnes en Asie (FAOStat, 2013) pour être partiellement réintroduites en France après lavage et transformation. Sur les 7.000 tonnes restantes, une partie était transformée en France et, l’autre, jetée après la tonte. La laine est devenue une charge pour les éleveurs : la vente ne rembourse que rarement le coût de la tonte. De surcroît, la sélection ovine basée sur la production de viande ou de lait s’est, peu à peu, désintéressée des caractères lainiers, conduisant à la détérioration de la qualité de la laine. Pourtant, face aux difficultés rencontrées par le secteur ovin et l’industrie lainière, la valorisation de la laine demeure une opportunité liée aux tendances, de consommateurs favorables aux matériaux naturels et aux produits made in France. Depuis plusieurs années, des initiatives privées ou publiques de valorisation de la laine, à des niveaux locaux et régionaux, émergent et réussissent à reconquérir des parts de marché. Les intérêts des artisans et industriels convergent vers l’utilisation de mêmes chainons de transformation de la laine pour des productions relocalisées ou stabilisées en France. De plus, la France est riche d’une grande diversité de races de moutons (environ une soixantaine). Cette diversité, handicap pour l’industrie lainière, est aujourd’hui un attrait pour les transformateurs et consommateurs intéressés par des produits uniques, aux spécificités locales et à l’origine garantie.  A l’échelle du grand bassin allaitant, les brebis sont majoritairement issues de croisements entre les races Rouge de l’Ouest/Vendéen et Charolaise pour le Poitou-Charentes, Suffolk ou Texel/Charolaise voire Suffolk/Texel pour le Limousin, la Charmoise étant utilisée dans les deux régions pour saillir les agnelles. La conduite de troupeau est fréquemment en semi-plein-air avec deux périodes d’agnelage. Le championnat mondial de tonte pourrait être l’occasion de présenter la diversité des races françaises, de leurs laines et de la spécificité des produits qui en découlent. L’objectif serait donc de faire le lien entre « laine tondue » et « laine transformée » et de valoriser le potentiel de ce produit de l’élevage ovin que représente la laine.

La valorisation des laines régionales
C’est LAINAMAC qui portera, pour l’AMTM, la dimension « laine » de l’événement. Il s’agit d’un réseau de professionnels de la laine et des fibres textiles naturelles qui accompagne la structuration de la filière textile de Creuse et du Massif central, en développant des projets autour de deux axes : la transmission et l’innovation. La valorisation de la laine pourra prendre forme sous deux aspects : une valorisation circonscrite à un espace, le village laine, et des valorisations transversales au cœur de la manifestation.

La tradition ovine française
Si la France n’est pas parmi les principaux pays éleveurs de moutons, il existe malgré tout une tradition ovine. Cette tradition, au départ orientée vers la laine, la peau et la viande, a été au cours des siècles influencée par la gastronomie. L’élevage, à dominante familiale, s’est diversifié et tourné vers la production de produits de bouche de qualité; la laine ne devenant qu’un sous-produit peu valorisé. C’était là tout l’intérêt de la candidature de la France à l’organisation du Mondial de tonte de moutons. L’élevage du mouton en France, ce n’est ni la laine, ni le cuir ; c’est d’abord et avant tout la viande et le fromage. Cet élevage est fondé sur des siècles de traditions qui se sont traduites par l’élaboration de cahiers des charges de production et de transformation. Cette approche de la production, au travers de signes de qualité, déroute quelque peu nos amis anglo-saxons. Les signes de qualité, AOP, IGP, ne sont que des marques qui appartiennent, non pas à une entreprise, ni à un ou des individus nommément désignés, mais à un territoire géographique bien défini. Toute personne y résidant peut l’utiliser à condition d’en respecter les règles. La gastronomie française ne serait pas ce qu’elle est, si ces productions spécifiques n’existaient pas. Ce sont les grands chefs qui vont mettre en valeur l’Agneau des prés salés du Mont Saint-Michel, ou bien le Brionnet du Limousin, dont Le Dorat est au cœur de la zone de production. La viande de ces deux élevages a un goût différent. Le lait pour le Roquefort est produit sur un plateau aride à la flore bien particulière. Il est affiné dans des caves naturelles avec des  « cheminées » permettant son affinage bien particulier. C’est cette découverte d’une autre culture qui était l’un des points forts de la candidature de l’AMTM.

Le cheptel ovin
On compte plus de 7 millions d’ovins en France ! Dont 1 million de brebis laitières. Et plus de la moitié du cheptel (4 millions) se situe dans le quart sud-ouest du pays, en Nouvelle Aquitaine et Occitanie. Le Dorat est situé dans le département de la Haute-Vienne (87), au nord-est de la Nouvelle Aquitaine où l’agriculture occupe 60 % du territoire et où l’élevage est prédominant. 80 % de la surface agricole est en herbe, ce qui contribue largement à l’autonomie des élevages, et constitue un enjeu environnemental fort. L’élevage de bovins et d’ovins viande sont les plus représentés. La Haute-Vienne est le département français qui compte le plus de brebis nourrices (250.000). L’élevage ovin est particulièrement présent dans le nord du département, autour du Dorat avec une production d‘agneaux, principalement de printemps pour une période d’agnelage autour du mois de mars. La saison de tonte des brebis s’étend essentiellement sur les mois d’avril, mai et juin, excepté pour les brebis agnelant en contre saison où la tonte s’effectue, souvent, avant l’agnelage. L’été est donc consacré à la tonte des agnelles de renouvellement et des agneaux, dès début juillet, période du projet des championnats du monde 2019. Un projet pour lequel la recherche des animaux ne posera donc aucun problème. Si l’on compte les 250.000 brebis de la Haute-Vienne, ajoutées aux 60.000 des départements limitrophes (Vienne, Charente, Indre, Creuse), ce ne sont pas moins de 300.000 brebis qui se trouvent dans un rayon d’une heure ou moins autour du Dorat. Le programme du concours, prévu la première semaine de juillet, justifie un besoin de 5.000 agnelles/agneaux et brebis (pour l’ensemble des catégories : machines, forces et whoolhanding). Les animaux seront trouvés dans un rayon de 30 minutes autour du site. La taille des lots sélectionnés pour le concours devrait se situer entre 100 et 500 animaux.

La région Nouvelle Aquitaine
La Nouvelle Aquitaine, c’est le vin de Bordeaux, Fort Boyard, le foie gras, le Futuroscope, la vache Limousine, le Marais Poitevin, les huitres, les Férias de Bayonne, le bassin d’Arcachon… Bref, la gastronomie, la bonne ambiance, la chaleur humaine et les paysages de carte postale ! Notre région est l’arc Sud-Ouest de la France, soit environ 84 000 km². Bercée par le soleil du Sud, les vagues de l’océan Atlantique, les chaînes de montagne des Pyrénées et les monts du Limousin, elle regorge de paysages variés, et elle invite à la découverte.

Un poids lourd du tourisme Français
Entre diversité des paysages, terre d’Histoire et de culture, la région Nouvelle-Aquitaine possède un potentiel d’attractions culturelles et touristiques extraordinaires. Avec 720 km de littoral et des sites touristiques reconnus dans le monde entier comme le parc du Futuroscope, la vieille ville de Sarlat en Dordogne, la dune du Pilat, la cité historique de Saint-Emilion, l’aquarium de La Rochelle… la Nouvelle-Aquitaine est la plus vaste des nouvelles régions françaises. Littoral, produits du terroir, artisanat, savoir-faire, entreprises de pointe, elle ne manque pas d’atouts !

La première région agricole d’Europe
La Nouvelle-Aquitaine est marquée par la diversification de son agriculture, avec une dominante viticole pour l’Aquitaine, l’élevage pour le Limousin et les grandes cultures pour le Poitou-Charentes, formant une hétérogénéité quasi-totale : des atouts qui font d’elle la première d’Europe en matière d’agriculture. Elle regroupe 85.000 exploitations agricoles, sur 4.2 millions d’hectares de surface agricole (soit 15% de la surface nationale, soit la 1ère place en France) dont 2.8 millions d’hectares de forêts. C’est la deuxième région viticole française en surface, avec 10.000 exploitations viticoles donnant des vins rouge, blanc et rosé mais aussi du Cognac, du Pineau, de l’Armagnac, et des eaux de vie. En terme d’élevage, elle se compose d’un cheptel énorme : 1,8 millions d’ovins y sont élevés, soit le quart de la production française, cela en fait la deuxième région moutonnière de France. Elle regroupe 40 % des caprins de France, avec 470.000 animaux et 13% de bovins du cheptel français avec 2,5 millions d’animaux. Elle est la première région caprine de France et d’Europe. Les ovins et les bovins étant regroupés pour la majeur partie dans le Limousin, et les caprins en Poitou-Charentes. Les volailles sont, quant à elle, situées dans le sud de la région, et l’élevage de coquillages (huitres, moules…), sur le littoral.

Le Dorat
Un peu d’Histoire
Au Dorat, à 12 km au nord de Bellac, en Haute-Vienne, d’anciens textes mentionnent l’existence d’un modeste lieu de culte dans les temps les plus reculés. L’actuel Dorat se trouve sur un carrefour très ancien (gallo-romain) de voies commerciales (le fer et le sel). Autour de ce nœud routier qui devint avec le temps, un lieu d’échanges stratégiques, une communauté s’installa. Ensuite, s’y développa un « monasteria Scotorium » grâce à quelques moines irlandais nommés Scots (Irlande : Scotia Major). Disciples de Saint-Colomban, ils parsemèrent la Gaule, dès 610, de centres religieux, généralement sur des lieux de cultes anciens. La petite cité ainsi formée autour de ce modeste « castrum », d’une « ecclésia » et d’un « forum » fut anéantie lors des invasions normandes de 844. Un siècle plus tard, une famille seigneuriale prit le contrôle de ce carrefour. Un acte authentique de 987 précise qu’Hugues Capet, par la main du premier Comte de la Marche, Boson de la Maison de Charroux, y fonda un monastère de Chanoines. Lesquels devinrent séculiers au XIVe siècle. Ce n’est qu’au XIIe siècle, que Scotorium et son puissant monastère, doté d’une somptueuse Collégiale, «Sanctus Petrus deauratus », décorée richement, devinrent « Saint-Pierre-le-Dorat », donnant ainsi son nom à la localité. Peu après, les descendants de Boson installèrent à leur tour un château féodal, faisant ainsi du Dorat une place forte entre Limousin et Poitou.

Le Dorat, aujourd’hui
La cité dispose d’un passé historique extrêmement riche ; de plus, le succès permanent des activités sportives, culturelles et festives de quelques 43 associations témoigne du dynamisme d’une population de 1800 âmes. Le Patrimoine est là, à profusion, avec une des plus belles églises romanes de France, la Collégiale St-Pierre, du XIIème siècle, surdimensionnée, couronnée par un ange doré du XIIIe ; une vieille ville ceinturée partiellement de remparts du XVe siècle dont  le plus beau fleuron est une porte de ville, dite Porte Bergère ; des hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles à foison, héritage de son glorieux passé. Berceau de la race anglo-arabe, Le Dorat, (50e hippodrome français de province sur 251), est une référence équestre qui accueille trois réunions chaque année à la Sagne, depuis plus de 150 ans. De même, une carrière homologuée reçoit tous les ans un concours hippique national. Un marché de producteurs, (deux jeudis par mois de fin juin à fin août), permet depuis près de 15 ans à plus de 1500 personnes de festoyer ensemble, à l’ombre de la Collégiale. Enfin, Le Dorat a su conserver de somptueuses fêtes historiques et religieuses séculaires, si chères au Limousin : les Ostensions septennales (inscrites au Patrimoine Mondial immatériel de l’Unesco). Elle vient de recevoir en 2016, un nouveau label, celui de « Petite Cité de Caractère », couronnant ainsi son intérêt touristique.

Le championnat du monde de tonte de moutons, un système de notation complexe
Lors d’un concours, dans la notation de la tonte, trois facteurs sont pris en compte. Illustration au travers d’un exemple concret :

Le plus évident : le temps
Une tonte effectuée rapidement diminue le temps de stress de l’animal, c’est donc un facteur primordial. Toutes les minutes que le tondeur passe à tondre ses brebis, il va concéder 3 points de pénalité (soit 1 point toutes les 20 secondes). De ce fait, un tondeur ayant tondu 8 brebis en 8 minutes aura 24 points de pénalité de temps (point entier).

Le respect de la laine pour la future transformation
Les juges de podium, effectuant une rotation devant chaque compétiteur, pénalisent les recoupes (second cuts), là où la laine a été coupée deux fois. Les juges évaluent la quantité de laine coupée deux fois et appliquent une ou plusieurs marques de pénalité. Notre tondeur concède 12 marques pour 8 brebis tondues soit 1,5 point entier (12 divisé par 8, on fait la moyenne sur le nombre de brebis tondues). A ce moment de l’évaluation, notre tondeur a concédé 25,5 points (24 pénalités de temps + 1,5 pénalité de podium).

Les finitions qui intègrent le respect de l’animal (blessures éventuelles) et la propreté du travail.
A l’arrière du podium, des juges évaluent les brebis sur la propreté. Ils regardent les coupures, les griffures du peigne et si le tondeur a laissé des mèches et de la laine qui auraient dû être tondus. Pour notre tondeur, ils ont trouvé de la laine sur le cou, évaluée à 4 marques de pénalité, une autre sur la croupe, pour 3 marques de pénalité, une coupure de la taille d’une pièce de 10 centimes, évaluée à 2 marques de pénalité, soit 9 marques de pénalité pour cette brebis. En tout, pour ses 8 brebis, notre tondeur a concédé 56 marques de pénalité, soit 7 points entiers (56 divisé par 8, on fait la moyenne sur le nombre de brebis tondues). Au total notre tondeur cumule 24 points pour le temps, 1,5 point sur le podium et 7 points de propreté, soit 32,5 points. Joli travail ! Il devrait se qualifier pour l’étape suivante !

Le tri de la laine, une deuxième étape de notation
Un concours de tonte comporte deux aires de jugement. Sur le podium, le travail des compétiteurs trieurs est jugé pendant la compétition. Puis, hors du podium, après le passage des compétiteurs, leurs différents lots de laines triés sont présentés aux juges. Il y a deux types de laine jugées, la toison « pleine laine » (laine de 12 mois) qui est étalée et triée sur une table de tri et, ensuite, roulée et déposée dans une caisse, et la laine d’agneau, qui est triée au sol. Chaque compétiteur a deux tondeurs dédiés qui tondent, en décalé, un nombre de brebis différent selon les phases qualificatives. Sur le podium, le compétiteur doit séparer, lors de la tonte, différentes parties de la toison de la brebis : le ventre, l’écusson (l’entre patte arrière) et les chaussettes, la casquette, les laines courtes (mèches courtes), les défauts de couleur (laines noires), la laine longue (la majeure partie de la toison). Il doit ensuite les placer dans différentes caisses. Pour les toisons pleine laine, le compétiteur concède des points de pénalité (lors du lancer de la toison sur la table de tri) pour les parties de laine tombées à coté de la table et pour les parties qui se superposent sur la table. Pour la laine d’agneau, le compétiteur doit ‘’aérer‘’ la toison. Un zéro indique une toison bien aérée et il concède 35 points de pénalité pour une toison mal aérée. Lorsque le dernier des deux tondeurs du concurrent éteint sa machine, le chrono est lancé. Le facteur temps joue également un rôle essentiel dans le tri de la laine. Les caisses de tri seront ensuite examinées pour valider si leurs contenus sont correctement repartis ; tout mélange de laine, notamment mis dans la caisse «  roulée »,  étant pénalisé.

GLOSSAIRE DES CATEGORIES D’UN CONCOURS DE TONTE 
Catégorie Junior : tondeurs débutants.
En France, ce sont ceux qui ont débuté dans la même année (pour les concours de tonte 2017, les compétiteurs juniors devront avoir débuté en 2017).
Catégorie Intermédiaire : tondeurs amateurs, occasionnels et débutants dont les meilleures journées de tonte n’excèdent pas 100 Mérinos (laine tassée, peau fine, tonte délicate), 150 races à laine ouverte (laine non tassée, Texel, Suffolk, Vendéenne…) et 250 Lacaunes, laine très ouverte et peu lainée sur le ventre et sur le cou (Limousine, Caussenardes du Lot…)
Catégorie Sénior : tondeurs expérimentés dont les meilleures journées de travail n’excèdent pas 150 Mérinos, 250 brebis race à laine ouvertes et 400 Lacaunes.
Catégorie Open : tondeurs perfectionnés d’un haut niveau international dont les meilleures journées de travail dépassent les scores Séniors.
Forces : Les forces sont le nom des ciseaux de tonte. La tonte aux Forces est une des trois catégories du championnat du monde. Cette épreuve se différencie de la tonte machine effectuée à la tondeuse électrique.
Woolhandling : catégorie du championnat du monde qui consiste au tri de laine.
Tonte à la machine : Voir forces.

Spécificités du programme du mondial 2019

  • Women French Championship : Une catégorie féminine de tonte comptant pour le championnat français qui aura lieu durant le championnat du monde.
  • Contest France-Pays de Galles : Contest vient du milieu rugbystique où l’on parle de test match. Lors des championnats de tonte il y a très souvent des rencontres, concours et échanges entre deux pays (l’Espagne, l’Angleterre, l’Irlande…). Il y a une « rencontre-aller », en France, et « retour », à l’étranger, ou l’inverse. Lors des championnats du monde, en 2019, le contest sera entre la France et le Pays de Galles.

Le site des championnats du monde
Le site retenu pour accueillir les championnats du monde 2019 est composé d’une surface importante avec un complexe sportif combinant 2 stades ainsi que 7 hectares de terrain agricole qui les entourent.
Les stades seront destinés, l’un à la restauration et l’autre à la partie compétition et la filière laine. Les 7 hectares supplémentaires serviront aux stands des exposants et aux autres animations organisées autour de la filière ovine. Le chapiteau destiné à la compétition pourra accueillir, sur près de 2.250m², une scène composée d’un podium adapté pour les championnats du monde (écrans, jeux de lumière…), mais, également, une estrade destinée au tri de la laine. Ce chapiteau sera doté de gradins pouvant recevoir 2.500 personnes assises. A l’arrière du chapiteau d’autres espaces couverts seront accolés afin de stocker l’ensemble des animaux. C’est à ce même emplacement qu’une issue sera réalisée; ce sera une voie d’accès pour l’approvisionnement des animaux. D’autres issues sont envisagées, une pour les secours et deux pour les entrées. Une supplémentaire sera dédiée à l’espace restauration. Vingt hectares de terrains agricoles, bordant le site, seront utilisés comme parkings. Ceux-ci, très bien desservis depuis les grands axes routiers, serviront aux exposants, aux compétiteurs et également, au grand public. Des moyens de transport seront mis à disposition pour assurer le relais entre ces parkings et les différentes entrées du site.

LE PROGRAMME DU 1er AU 7 JUILLET 2019

Lundi 1er juillet
    – Accueil des délégations
– Speed Shear à Limoges (spectacle de vitesse de tonte)

Mardi 2 juillet
    – Réunion des juges
– Entrainement des compétiteurs
– Visites organisées pour les délégations

Mercredi 3 juillet
    – Réunion compétiteurs
– Réunion du World Council
– Visites organisées pour les délégations

Jeudi 4 juillet
    – Eliminatoires All-Nations
      Junior, Intermédiaire, Sénior, forces, woolhandling, open
    – Demi-finale All-Nations
      Junior, Intermédiaire, Sénior
    – Demi-finale Championnat de France open Homme
    – Finale Open France Homme
Remise des prix Championnat de France Homme
CEREMONIE D’OUVERTURE

Vendredi 5 juillet
    – Demi-finale All-Nations
      Woolhandling, Forces
    – Championnat de France Femme
    – Round 1 Championnat du Monde
       Woolhandling, Forces, Tonte à la machine
    – Finale Championnat de France
       Junior, Intermédiaire, Forces, Sénior, woolhandling, Femmes
    – Contest France-Pays de Galles
Remise des prix et repas de Gala

Samedi 6 juillet
    – Round 2 Championnat du Monde
      Woolhandling, Forces, Tonte à la machine
    – Demi-finale All-Nations open
    – Finale All-Nations
      Junior, Intermédiaire, Forces, Woolhandling, Sénior, Open
Remise des prix

Dimanche 7 juillet
    – Round 3 Championnat du Monde
      Woolhandling, Forces, Tonte à la machine
    – Demi-finale Championnat du Monde
      Woolhandling, Forces, Tonte à la machine
    – Finale Championnat du Monde par équipes
       Woolhandling, Forces, Tonte à la machine
    – Finale Championnat du Monde
    – Tonte à la machine pour les places 7 à 12
      Woolhandling, Forces, Tonte à la machine
CEREMONIE DE CLOTURE et REMISE DES PRIX

Tout autour des infrastructures nécessaires à l’organisation des compétitions, différentes animations seront proposées, parmi lesquelles un village exposant et un village de la laine, des stands de produits régionaux, des présentations de races ovines françaises, des démonstrations de chiens de troupeaux, des lieux de restauration. 

Please follow and like us: